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    Éducoeur a été fondée en 2001 par l’infirmière spécialisée en relation d’aide Brigitte Racine, diplômée de l’Université Laval, du Centre de Relation d’aide de Montréal et de l’Institut William Glasser de Californie. Intervenante en CLSC, elle est mère de deux jeunes adultes. Elle œuvre auprès des enfants et des familles depuis plus de 20 ans. En plus ... [+]

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Combien dépenser pour la relâche?


26/02/2011 par Brigitte Racine

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Les Tropiques ou le ski?   La radio et la télé s’évertuaient cette semaine à rechercher une foule d’activités pour les familles; sports, musés, cinéma…. Il faut « remplir la semaine de relâche » Il ne faudrait surtout pas que les enfants s’ennuient.  De plus ils doivent avoir beaucoup à raconter au retour à l’école.

Et si on planifiait notre temps plutôt que notre argent pour cette semaine tant attendue?

Des souvenirs de mon enfance, j’ai oublié à peu près tout ce que mes parents m’ont acheté et bien des sorties   Ce qu’il me reste d’eux maintenant qu’ils ne vivent plus?  Le souvenir de  moments de relations privilégiés, seule avec l’un de mes parents, le regard doux et aimant qu’ils posaient sur moi, des moments où rien ne se passait d’autre,  que d’ÊTRE ensemble. 

 

Dans notre rythme de vie effréné ou l’on souhaite tout AVOIR et tout donner à nos enfants, tout FAIRE afin qu’ils puissent avoir tout fait,  tout essayé, on oublie d’ÊTRE tout simplement.  Être ensemble.  Parfois ne rien faire, à d’autres moments,  faire des choses aussi simple que bercer notre enfant, peu importe l’âge, jouer à la cachette, cuisiner des biscuits, jouer aux cartes…  De ces choses qui ne coûtent rien et qui laissent de riches souvenirs au parent tout autant qu’à l’enfant. Pas d’écran. 

 

Je n’ai rien contre un voyage dans le Sud pour la relâche, la découverte d’un musée et des sorties en famille.  Toutefois, à la maison aussi, sans stimulis d’aucunes sortes,  des moments magiques s’inscrivent dans nos souvenirs.   Facile à oublier dans ce monde de consmmation de toutes sortes.

 

Le docteur Russell Barckley a élaboré une façon de jouer avec un enfant,  qui selon une multitude de parents,  ”fait de la magie” ,  en ce sens que suite à ces périodes de jeux, l’enfant veut faire plaisr à ses parents et collaborer davantage avec eux.

 

En voici une adaptation que j’ai appelé « Le 20 minutes ». Chez les petits, il est connu comme « Le temps de jeu avec sonnerie », puisque c’est une sonnerie qui met fin à cette période de temps 

 

Voici en quoi consiste «  Le 20 minutes ».

 

Dites à votre enfant qu’à partir de maintenant vous aurez avec lui des  périodes de jeux exclusives, en tête à tête, qui dureront 20 minutes.  Pour l’enfant qui n’a pas encore la notion du temps, dites-lui qu’une sonnerie indiquera la fin de ces périodes de jeu.

Déterminez chaque semaine trois périodes de 20 minutes que vous passerez avec votre enfant. Ce temps doit être consacré exclusivement à votre enfant. Un seul enfant à la fois

Il est interdit de regarder la télévision ou de jouer à des jeux électroniques durant cette période.

Vous ne répondez ni à la porte, ni au téléphone

C’est l’enfant qui décide du jeu et des règles. C’est à son tour de décider

Laissez-vous guider par votre enfant.  Regardez-le faire et participez s’il le demande. Ne posez pas de questions et ne faites pas de suggestions.

Occasionnellement, donnez du renforcement positif à votre enfant. Si vous appréciez ce moment, dites-le lui

Arrêtez-vous tel que convenu après les 20 minutes

Cette période de temps est inconditionnelle.  Vous aviez promis.  Vous le faites.

 

Écrivez-moi pour m’en donner des nouvelles et bonne relâche!

 

 

 
 
 
 
 
 

 




Devrait-on rémunérer nos enfants pour les tâches ménagères qu’ils accomplissent ?


25/01/2011 par Brigitte Racine

CorvéesCertains parents choisissent de payer leurs enfants pour les tâches ménagères exécutés, comme par exemple : laver le lavabo 1$, laver la cuve de la toilette 2$, etc.  Ou encore, certains choisissent de donner un montant fixe ou forfaitaire (paye) par semaine, certains y appliqueront une déduction lors de manquements ou d’omissions… D’autres préfèrent appliquer la règle du «donnant-donnant» ou du troc… on aide ses parents et alors les parents octroient des permissions, récompenses ou faveurs, telles du transport des montants pour aller magasiner ou aller manger au resto… Il y a donc lieu de se poser la question : Devrait-on rémunérer  nos enfants pour les tâches ménagères qu’ils accomplissent ?

 

Êtes-vous récompensé pour les courses effectuées dans une semaine, la planification des repas, leur préparation,  le rangement, le transport des enfants, le ménage… ?  Pourquoi seraient-ils payés, eux ?  Si nous les rémunérons pour tout service ou tâche, quel message transmettons-nous quant aux valeurs telles que l’entraide et le partage?

 

N’êtes-vous pas de ces parents qui souhaitent voir leurs enfants heureux et fiers d’eux ?  Qu’est-ce qui nous rend fiers de nous dans la vie ?  Relever des défis, certains acomplissements, une promotion, des félicitations… et aussi le sentiment d’être bon, de faire du bien, d’être utile, d’aider les autres.  Si nous sommes payés pour tout, on passe à côté de ces moments de fierté.

 

De plus, l’enfant qui participe aux tâches ménagères apprend que, pour vivre en société, chacun doit collaborer.  De nombreux parents assument toutes les tâches parce que cela va plus vite, ou parce qu’ils veulent éviter les conflits ou parce qu’ils excusent leurs enfants : « Il a eu une grosse journée ou encore,  il est trop petit. »  Dans ces conditions, comment l’enfant apprendra-il que tout n’arrive  pas par magie et qu’en partageant les tâches autant que les plaisirs, tous et chacun pourront ainsi s’épanouir ? 

 

Plus nous commençons tôt et plus il est facile d’obtenir leur collaboration.  De plus, en devenant responsables de quelques tâches avant l’âge de l’entrée à l’école, il est plus facile pour les enfants d’accepter d’assumer leurs tâches scolaires.  Dès l’âge de 2 à 3 ans, l’enfant est en mesure d’accomplir de menus services tels mettre ses vêtements sales dans le panier à linge, ranger ses jouets dans le coffre à jouets, exécuter des tâches toutes simples. Lorsqu’il imite ses parents ou lorsqu’il se dit « capable », il faut profiter de sa motivation et l’encourager. 

 

De façon générale, les enfants devraient assumer leurs tâches personnelles : ranger leur chambre, faire leur lit, mettre leur linge sale au lavage, placer leur vaisselle au lave-vaisselle.  De plus, ils devraient assumer une petite tâche quotidienne pour le bien de toute la famille (mettre le couvert, desservir, préparer une salade…) selon leur stade de développement et de leurs compétences.  Ils devraient également assumer une tâche hebdomadaire (ménage, déchets…).  Tout cela gratuitement.

 

Comment les inciter à collaborer aux tâches ménagères ?

 

Servir d’abord de modèle.  Est-il possible pour vous d’accomplir les tâches ménagères en essayant d’y prendre plaisir, de fredonner par exemple ? Du jeu, de l’humour c’est plus attirant et motivant pour l’enfant.  Aussi, plutôt que d’exprimer son «écœurement» de tout faire seul, un parent habile indiquera ses limites et ses besoins.  Par la suite, il peut demander ce que  chacun est prêt à accomplir  et, idéalement, il laissera l’enfant choisir la tâche qu’il préfère assumer ou au cas d’un choix commun sur une tâche entre deux enfants, il procédera à un tirage  au sort ou une rotation de tâches entre les enfants.

 

 Le moment de l’exécution des tâches sera clarifié et sans ambigüité  et on doit convenir ensemble des conséquences qui découlent d’un manquement à ce contrat.  Enfin, le parent encouragera son enfant à les exécuter et s’assurera du respect de la règle  suivante : « Les tâches d’abord, le plaisir ensuite. ». Ainsi, on n’ouvre le téléviseur qu’une fois la routine du matin terminée, on s’acquitte du ménage avant d’aller au cinéma.

 

Une fois la tâche accomplie, prenez un moment, regardez votre enfant dans les yeux et dites-lui « Merci de ton aide.  Je suis fier-fière de toi.  Tu dois être fier-fière de toi ? »  La fierté que vous lui permettez de ressentir n’a pas de prix. 

 

Questions de suivi ou de discussion ??

Peut-être pourrions-nous expliquer aux enfants  que si les parents sont aidés dans les  tâches ménagères (cuisine, ménage, lavage), ils seront libérés et plus disponibles pour aller jouer dehors ou à des jeux de société ou encore écouter un bon film sur le sofa collés sur leur enfant ???

 

Qu’en est-il de  l’argent de poche alors  ou de l’allocation hebdomadaire si l’enfant effectue gratuitement certains tâches ???   

 

À suivre…dans le prochain article!!!




Ambassadeurs Éducoeur


15/05/2009 par Brigitte Racine

Enfin une formation intensive pour ceux et celles qui veulent travailler avec moi, verra le jour à l’automne!  Depuis plusieurs années à la fin de conférences ou de formations des personnes viennent me voir et me demande si je forme des gens pour faire équipe avec moi.  La réponse est “Oui” à partir de maintenant.

Le co-créateur de ce site web Jean-Philippe Boudreau, complice d’affaires qui répond à tout moment et avec une rapidité hors du commun  à mes demandes et prières,  m’a suggéré de nommer cette formation “Ambassadeurs Éducoeur” .  Est-ce assez joli à votre goût?  Ce nom m’a tout de suite séduit.   Selon le dictionnaire de la langue française “ambassadeur ” signifie: personne chargée d’une mission.  Cette mission ; transmettre avec coeur la philosophie et les techniques d’Éducoeur et partager nos trucs et astuces dans leur milieu.  J’ai toujours en tête et surtout dans le coeur cette multitude d’enfants qui bénéficient des changements positifs chez leurs parents et éducateurs.

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Je suis heureuse et excitée.  J’ai tellement hâte de connaître ceux et celles avec qui je poursuivre cette mission.  Je ne veux pas passer le flambeau mais je veux que nous soyons plusieurs à le porter afin que plus de parents et d’éducateurs se sentent appuyés et outillés dans leur tâche et que davantage d’enfants puissent s’épanouir et être en mesure dans le futur d’accomplir à leur tour leur mission.

 

Vous vous sentez appelé?  Appellez-nous ou visitez notre site web et cliquer sur “QUOI?”  puis sur “Ambassadeurs”  vous en saurez davantage.

Au plaisir de vous compter parmi nos futurs Ambassadeurs et Ambassadrices!




Désir ou besoin?


02/05/2009 par Brigitte Racine

pleure1L’arrivée d’Alexis en garderie s’exécute tous les matins dans la bousculade et en état de crise. Il est maussade, refuse de collaborer et veut tout décider. Il désire les jouets exclusivement pour lui et réclame d’être le premier en tout. Il monopolise toute l’attention de l’éducatrice nécessitant des interventions constantes pour lui répéter les consignes et les règles. À la maison, Alexis  décide quand se coucher (vers 22h30), comment se coucher (en écoutant un film qu’il choisit) et décide également où il dort (dans le lit de ses parents, couché entre eux deux). Alexis décide des menus et du lieu où se prennent les repas. Lorsqu’ils ont acheté cette nouvelle maison, ils lui ont dit qu’elle était à lui, que c’était « sa » maison. Quand ils n’accèdent pas à ses désirs, Alexis les menace de les mettre dehors de « sa » maison. Ses grands-parents et sa tante Ginette se trouvent récemment toutes sortes de prétextes pour ne plus le garder.

Tous ses désirs étant satisfaits à la maison il est peu préparé à vivre en société. Il n’a pas appris que les autres existent et que parfois les besoins des autres ont préséance sur les siens. Alexis a-t-il vraiment besoin d’avoir tout ce qu’il demande?

Lorsque Laurianne neuf ans, demande un nouveau jeu à ses parents, avant la fin de la semaine elle obtiendra l’objet de son désir.  Récemment ses cours de danse ne la passionnent plus puisque plusieurs sont meilleures qu’elles dans cette discipline. Elle refuse de poursuivre.   Ses parents se sentent impuissants puisqu’être la première, voilà quelque chose qu’ils ne peuvent pas lui procurer.  Pour ne pas la voir déçue, frustrée et peinée, ils décident donc de lui offrir plutôt des cours de danse privés.  Jusqu’où iront-ils pour la voir heureuse?  Quand la laisseront-elle vivre des déceptions, des frustrations, des peines et des deuils?  Plus elle sera âgée, plus l’apprentissage sera difficile.

Lorsque son chat est mort, ses parents se sont empressés de le remplacer pour ne pas la voir souffrir, pour ne pas qu’elle ait de peine.  Pourtant la peine et le deuil font partie de la vie au même titre que la joie et le bonheur. La souffrance, les peines et les deuils font partie intégrante de la vie; protéger Laurianne de cela, c’est la priver d’une partie de sa vie, d’une partie d’elle-même qui va la rendre plus solide, plus humaine et plus sensible aux autres. Veut-on vraiment priver nos enfants de cette réalité, de cette richesse?

Nos enfants ont-ils besoin d’avoir tout ce que les autres ont? Besoin d’être heureux tout le temps? Comme c’est difficile  de refuser un plaisir, un jouet, une permission à nos enfants!  N’est-ce pas dans la nature de vouloir faire plaisir à ceux qu’on aime? Dire “Non” implique des réactions indésirables très souvent.   Plus facile parfois de dire “Oui” que de faire face à une crise, à de la frustration, de la colère, de la peine, de la déception  La peur de ne plus être aimé transforme aussi des “Non” en “Oui”.  Pourtant lorsque je dis “Non” à mon enfant je suis en train de lui apprendre à dire “Non” à ce qui ne sera pas bon pour lui dans le futur;  le modèle étant de tous les temps la plus puissante façon de transmettre des façons d’être et de faire à nos enfants. Il sera capable de mettre des limites et de se faire respecter à son tour.

De nombreux éducateurs me disent “Ce n’est pas toujours évident la différence entre le désir et le besoin.”  Que diriez-vous de connaître mon avis à ce sujet dans un prochain billet?




De L’Afrique à l’école…


11/04/2009 par Brigitte Racine

…plusieurs enseignants se sont inspirés de l’exemple des difficultés de comportements en Afrique et surtout de la méthode de résolution de ces difficultés pour amorcer d’heureux changements dans leur classe.  Émilie, enseignante à la maternelle à décoré avec ses élèves ce qu’elle appelle “leur chaise d’amour”.  Dans sa classe, ils débutent la journée en donnant leur appréciation à tour de rôle à un élève assis sur la chaise.  La liste des noms est affichée et chaque élève sait quand viendra son tour.  Plus son tour approche et plus l’élève agit de sorte à recevoir le plus d’appéciations, et de compliments possible.  De plus cet exercice les oblige à rechercher ce qu’il a y de beau, de bon, de talents, de forces et de positif chez les autres.  On se tient loin de l’intimidation avec un tel exercice!!!  De plus coyez-vous qu’un élève a envie de décrocher d’une école qui reconnait sa valeur, de compagnons et d’enseignants valorisant ses forces, qualités et talents.  Tous recherchons la présence et la compagnie de telle personnes.

De plus Josée apprend à ses élèves chaque jour de nouvelles qualités afin d’augmenter leur vocabulaire dans ce sens.  Les mots dénigrants ont disparus d’eux-mêmes.  Chantal enseignante en 6ième année a dorénavant une chaise d’appéciation dans sa classe. Un joli coussin est déposé sur celle-ci et chaque matin un élève prend place sur la chaise pour recevoir l’appréciation des autres.  Quel vocabulaire spécifique ils ont développé pour se reconnaître!  “Je te trouve très audacieux lorsque…minutieux, aventurier, loyal…”   Il faut dire que cet exercice dans le groupe de Chantal a donné naissance a un autre suggéré cette fois-ci par ses éléves.  Avec l’accord de toute la classe, Loîc a distribué à chaque élève de petits bouts de papier.  Ils doivent y inscrire des qualités jamais nommée jusqu’à maintenant dans leur exercice .  Ces petits billets sont rassemblés dans un contenant et on débute l’après-midi en pigeant l’une de ces qualité et celui ou celle qui l’a inscrit explique au groupe la définitéion de cette dernière.  Éliane elle , a suggéré qu’une fois l’explication reçue, ils pourraient nommer les élèves du groupe possèdant cette qualité.

Non seulement Stéphanie, donne-t-elle l’opportunité à un élève par jour de s’assoeir sur la chaise et recevoir l’appréciation de chacun mais ils peuvent demander également à utiliser la chaise et recevoir de l’appéciation à d’autres moments, lorsqu’ils ne reçoivent pas suffisamment de reconnaissance de leur entourage ou encore s’ils vivent des moments difficiles, séparation des parents, deuils ou autre.  Ainsi lorsque ses élèves ont des besoins affectifs non satisfaits, plutôt que de se comporter de façon désagréable pour attirer l’attention et qu’on s’occupe d’eux (de façon désagréable) ils apprennent à demander adéquatement ce qu’ils ont besoin et le reçoivent de façon saine et agréable.

 En plus d’apprendre les mathématiques, le français, l’histoire…Les élèves de Josée, Chantal, Stéphanie…intégrent des valeurs telles;  être attentif et sensible aux autres, rechercher le beau, le bon, la générosité  d’offrir l’apprécaition. Combien de fois dans une journée remarque-t-on chez les autres de beaux yeux, une couleur de vêtement qui nous plait, un sourire chaleureux…?  Combien de fois prend-t-on le temps de le souligner?   Que d’occasion manquée de donner, d’offrir,  de faire plaisir, d’aider l’autre à rayonner davantage.   Comme cadeau de Pâques, que diriez-vous d’une chaise d’apprécaition.  De quoi changer le monde, en commançant par soi.

Joyeuses Pâques!

P.S. Lorsque j’ai parlé de la “chaise damour” à Hélène, ma soeur, elle m’a dit “On devrait en avoir une dans chauque maison!”.  Elle nous reçoit ce soir.  je vais lui proposer qu’on en décore une…

À suivre…




Dans les tribus africaines…


05/04/2009 par Brigitte Racine

…lorsqu’un enfant se comporte de façon désagréable et répétitive,  instinctivement ils comprennent que quelque chose manque à ce dernier.  Ils ne savent ni lire, ni écrire et ne ne connaissent donc ni les traités de psychologie de l’enfant et de l’adolescent,  ni les études effectuées en psychologie et encore moins tout ce qui  est proposé par une multitude de spécialistes pour composer avec une telle situation et la corriger. tribus3

 

Comment agissent-ils vous demandez-vous?  La tribu demande à l’enfant en difficulté de s’asseoir par terre et tous les membres de la tribu s’assoient en cercle autour de lui.  À tour de rôle chacun exprime à ce dernier ce qu’ils aiment de lui, en quoi ils l’apprécient.  Lorsque chacun a transmis son appréciation à l’enfant, celui-ci se relève et se comporte selon les règles et les attentes de la tribu.  Toute difficulté a complètement disparue!  Inspirant et gênant !

 

Inspirant de constater qu’un problème vieux comme le monde ; difficulté de comportement chez un enfant,  peut disparaître avec un remède vieux comme le monde ; l’amour !  Gênant d’entrevoir la possibilité que nos études, analyses et expertises compliquent les choses.  À un problème compliqué, nous cherchons parfois des solutions compliquées ! 

 

Selon William Glasser,  psychiatre et consultant en éducation, instigateur de la Thérapie de la réalité et de la Théorie du choix , 90% des difficultés de comportement sont dû à un manque d’amour et d’attention.  Si l’enfant ou l’adolescent recevait l’amour et l’attention dont il a besoin pour se développer sainement, il serait beaucoup plus enclin à collaborer avec les adultes qui l’entourent.  Puisque les comportements dérangeants visent majoritairement à recevoir de l’attention et de l’amour, en répondant à ces besoins, les difficultés disparaissent. 

 

De nombreux éducateurs vont dire « C’est loin d’être de l’amour qu’il reçoit de ma part quand il se comporte de façon désagréable.  C’est plutôt une attention désagréable ; haussement de ton, reproche, punition… »  Le besoin d’attention, le besoin d’être vu, le besoin qu’on s’occupe de lui , est tellement grand chez l’enfant,  qu’il préfère une attention désagréable de l’adulte que pas d’attention du tout.  Sauf que l’attention désagréable nuit au développement de son estime de soi et augmente le sentiment qu’il n’est pas fin, pas bon,  « méchant » même,  alors que l’attention gratuite et agréable développe le sentiment qu’il est quelqu’un de bien et qu’il a de la valeur. 

 

Les tribus d’Afrique d’instinct ont fait le bon choix.  Attention gratuite et positive plutôt que réactionnelle et négative.  Quel est votre choix ?

 

À suivre…

 

 

 

 

 




Les enfants de la Gaspésie


28/03/2009 par Brigitte Racine

bg21Non seulement ils ont la mer mais plusieurs ont aussi des mères et des pères exceptionnels. Ceux que j’ai côtoyés cette semaine lors de ma série de conférences dans leur région, m’ont donné le goût d’y retourner au plus tôt. De Gaspé à Carleton, Suz-Ann, présidente du Comité de parents de la Commission Scolaire René-Lévesque et quelques autres membres m’ont transportée d’une polyvalente à l’autre. Ces huit heures de route, m’en ont appris davantage sur eux que n’importe quel tour guidé! Des gens généreux, qui s’entraident et se supportent. Des personnes qui malgré toutes sortes de difficultés, étrangères aux grands centres, affichent une joie de vivre hors du commun, fourmillent de projets, travaillent à améliorer leur sort et celui de leurs concitoyens, en plus de démontrer un positivisme contagieux.

De quoi on se plaint en ville, le ventre plein ? Comme auraient dit mes parents. Quand Janie m’a avoué que sa fille de 10 ans ne peut plus fréquenter l’école par manque de ressources pour répondre à ses besoins particuliers, je me suis dit « Comme je me sentirais démunie dans une telle situation.» Lorsque Suz Ann m’a dit que sa fille à seize ans devra quitter la maison et vivre en appartement lorsqu’elle sera au Cegep, j’ai constaté notre chance de partager quotidiennement la vie de nos fils âgés de 22 et 23 ans qui fréquentent l’Université à proximité de la maison.

Accueillants et chaleureux, vous le savez si vous y êtes allé, en plus d’être des parents prêts à tout pour offrir le meilleur d’eux-mêmes à leurs enfants. Nombreux sont ceux qui ont assisté trois soirs d’affilée à mes conférences. Que d’importance ils attachent à leurs enfants, à la famille et aux valeurs à transmettre.

Attentifs, réceptifs, capables de se remettre en question, ouverts à de nouvelles idées, stratégies et solutions, je n’ai pu qu’envier ces enfants, chanceux d’avoir des parents comme eux. Sans parler de la présence d’un directeur adjoint, d’enseignants, d’éducatrices, d’intervenantes de la Maison de la famille et de la Maison des femmes battues puis d’Anne-Marie, rencontrée à plusieurs reprises, psycho éducatrice aussi attachante que compétente.

Merci une fois de plus au Comité de parents, particulièrement Suz-Ann. Que de générosité et d’investissement de votre part à préparer cet événement pour le bénéfice de toute la communauté. Merci Monsieur Vallée ainsi qu’à votre conjointe ; désolée d’avoir retardé votre heure de coucher! Merci Rock pour la technique et l’eau… Merci aux autres techniciens. Merci Madame Chassé ; vous m’avez très touchée par votre présentation. Merci Madame Doiron ; ce fut un plaisir de vous revoir. Merci Mesdames Côté, Arsenault et Saint-Hilaire.

Je reviens de la Gaspésie plus riche que lorsque je suis partie d’ici. Je ne parle pas d’argent (bien sûr que j’en ai plus !) mais plutôt de ce sentiment en dedans d’avoir quelque chose de plus qu’à mon départ. Vous m’avez donné envie d’être meilleure, de donner davantage, d’être encore plus sensible, plus humaine. Ceux et celles qui ont assisté à mes conférences connaissent cette notion de « compte relationnel » et de « dépôts ». Vous avez effectué de gros dépôts avec moi par votre présence, votre intérêt, par le partage de vos expériences, de vos préoccupations et par vos commentaires élogieux. Comme vous devez être fiers de vous! Cela vous rappelle quelque chose?

Merci d’avoir fait de mon séjour un moment mémorable qui me fais m’ennuyer de vous ce matin et me donne envie de vous retrouver au plus tôt pour effectuer un autre bout de chemin avec vous.




Il faut en laisser passer!


21/03/2009 par Brigitte Racine

“Justine a parfois des mots pas gentils pour son frère au retour de l’école” me raconte mon amie Josée. “Elle se contrôle tellement toute la journée que lorsqu’elle arrive à la maison, j’en laisse passer” poursuit-elle. Je lui réponds “Toi Josée, est-ce que ta fatigue rendrait acceptable un manque de respect envers quelqu’un?” “Bien sûr que non” me répond-t-elle. Alors comment nos enfants peuvent-ils apprendre qu’un manque de respect est inacceptable si nous l’acceptons à certains moments?

Est-ce qu’un policier accepterait que je brûle un feu rouge parce que je suis fatiguée ou même distraite?” Aucune excuse n’est valable. S’il ignorait mon comportement ou ne faisait qu’en discuter sans agir, je comprendrais que les feux de circulation, ce n’est rien de sérieux puisque je peux contourner la loi, la règle, avec des excuses.

Si nous souhaitons transmettre cette valeur qu’est le respect, il nous faut intervenir chaque fois que la règle est transgressée, chaque fois qu’il y a un manque, sinon, comment nos enfants comprendront-ils que c’est sérieux? Je suis parent, et d’expérience, je sais combien il peut être difficile d’intervenir à chaque manque, en fin de journée lorsque nous sommes fatiguée et que nos enfants le sont également mais la constance est le prix à payer afin qu’ils intégrent nos valeurs et respectent les règles chez-nous et ailleurs.

De plus, à force de les excuser, nous les déresponsabilisons. D’eux-mêmes ils diront un jour “J’ai agi comme cela parce que j’étais fatigué.” “J’ai été sage toute la journée, je peux me permettre de ….” “Ce n’est pas ma faute, c’est lui qui m’a fait parler.” “C’est l’enseignant qui n’ a pas bien expliqué.” “C’est lui qui a commencé.” et vous en connaissez une panoplie d’autres excuses, j’en suis certaine.

Aucune excuse n’est acceptable pour un manque de respect. Si par accident, par erreur, par oubli ou je ne sais quoi il y a manque de respect, empressez-vous de demander réparation afin de faire comprendre à vos enfants l’importance de faire attention aux autres et de les aider à devenir plus humain et sensible aux autres. Ils intégreront cette valeur et en plus de respecter chacun, ils exigeront le respect en toutes circonsatnces et de tous.

Quel bel héritage à transmettre à nos enfants dans le monde actuel et quel beau moyen de protection contre l’intimidation.




Fous de leurs élèves…


20/03/2009 par Brigitte Racine

Tandis que le taux de décrochage continue d’augmenter à une vitesse folle, une foule d’enseignants, « fous de leurs élèves » continuent de s’accrocher, continue de se former pour être en mesure de garder leurs élèves accrochés. De qui je parle? Des enseignants de la région de Sherbrooke et Granby, rencontrés cette semaine, de ceux de l’école Bruno-Choquette de Saint-Jean-sur-Richelieu, de l’école Fernand-Seguin de Montréal et de tant d’autres.

Parlons donc du groupe d’enseignants à qui j’offrais une formation à Sherbrooke hier. À la question qui “tue” en début de journée “Qu’est ce que vous aimez le plus dans votre travail?” j’ai obtenu des réponses exceptionnellement vivantes: “Travailler avec la vie.” “Inventer chaque journée.” “Donner le goût de l’école à mes élèves de maternelle.” “Développer un fort lien affectif.” “Être surpris, émerveillé, emballé de qui sont ces enfants…” Ils en avaient tellement à dire que je me suis demandé “Vais-je être obligée de les arrêter pour donner ma formation?” Lorsqu’une enseignante me répond: “Je les reçois tout neufs, purs, beaux…” Je me dis “Coût donc, y a-t-il des bébés dans cet école?” Elle poursuit en parlant de ses élèves de 5ième année avec des étincelles dans les yeux et un sourire qui en disent long sur l’amour de son travail et de ses élèves. Chacun d’eux m’a semblé « fou de ses élèves » dans son discours. Fou et triste et la fois, d’être confronté à tant de limites; limites qui limitent les élèves. Limite de temps, limite de ressources pour s’investir comme ils le souhaitent et répondre aux besoins criants des élèves non seulement sur un plan académique mais aussi sur un plan affectif.

Je me demande souvent où ils trouvent l’énergie et le courage de poursuivre ce travail en 2009 dans les conditions actuelles. En fait la réponse est flagrante lorsque je les écoute me parler de leur classe; l’amour des enfants, le besoin d’aider, de donner et de transmettre des valeurs qui leur tiennent à coeur.

Un enfant a besoin d’un adulte fou de lui dans sa vie pour l’allumer et lui donner envie d’être une meilleure personne. Beaucoup d’enseignants continuent d’offrir cet inestimable cadeau aux enfants.




Suspendu de l’école à 5 ans


11/03/2009 par Brigitte Racine

Josée me téléphone hier pour m’annoncer “La direction de l’école m’a téléphoné pour me dire que Justin, mon fils de cinq ans et demi, est suspendu pour avoir frappé un autre élève. Il ne peut se présenter à l’école demain. Est-ce normal de retirer un enfant de cet âge?”

 

Le retrait demeure une intervention de dernier recours lorsque l’élève comporte un danger pour lui-même et les autres.  Il arrive aussi que l’école ait signifié à plusieurs reprises aux parents des gestes d’agressivité ou de violence inacceptable et que le comportement de l’enfant persiste.  Le retrait est utilisé comme moyen d’amener les parents à agir auprès de leur enfant pour que ce dernier adopte des comportements acceptables.

Puisqu’actuellement certaines écoles secondaires retirent des élèves jusqu’à quatre jours d’affilée pour un geste inacceptable, nous pouvons considérer comme “normal” une telle conséquence pour Justin. N’en concluons pas que cette intervention est idéale, loin de là. 

Si un couple vit des difficultés, est-ce en les séparant qu’ils vivront mieux ensemble? Rechercher ensemble ou avec de l’aide, des outils pour vivre plus harmonieusement et de façon plus satisfaisante et épanouissante, n’est-ce pas une alternative plus humanisante?

Quelle tristesse de constater qu’une multitude d’établissements s’en remettent presqu’exclusivement aux punitions, retraits et suspensions pour encadrer les élèves. Lorsqu’une légère punition n’amène pas les résultats escomptés, nous en attribuons une plus importante! Nous nous retrouvons ainsi à faire deux fois plus ce qui ne fonctionne pas. Plus l’enfant vieillit et moins ces moyens ont d’impact en plus d’engendrer des difficultés comme le décrochage et la démotivation.

Le manque de moyens, non pas de bonne volonté, incite au recours à ces moyens inefficaces et destructeurs. Destructeurs de la relation entre l’adulte et l’enfant et destructeurs de l’estime de soi de l’enfant lorsqu’ils sont utilisés de façon répétée. Si nous transmettons nos valeurs et édictons nos règles avec des moyens constructeurs, favorisant le développement de l’estime de soi, telle la réparation, c’est une toute autre société que nous construirons. Si lors d’un manquement à une règle, nous intervenons avec respect et sensibilité, nous apprendrons à nos enfants et nos adolescents à interagir avec les autres à leur tour avec respect et sensibilité plutôt qu’à rejeter ou exclure.

Par où commencer me direz-vous? 1. Donnez l’exemple et demeurer respectueux en tout temps et envers tous. 2. Exigez de chaque membre de votre famille ou de votre groupe le respect mutuel en tout temps et envers tous. 3. Lorsqu’il y a un manque de respect (l’erreur est humaine), exigez calmement mais fermement un geste de réparation de la part du fautif et discutez avec ce dernier d’un comportement de rechange à utiliser dans le futur.

Témoin parfois de manque de respect chez mes fils en bas âge, je leur rappelais “Vous avez le droit ne pas vous aimer mais vous êtes obligés de vous respecter. Comment vas-tu réparer ce tort causé à ton frère?” Le respect ce n’est pas une faveur à demander aux enfants à la maison et aux élèves à l’école mais bien une exigence incontournable de la part de l’adulte en autorité qui souhaite transmettre cette valeur.

L’enfant qui grandit dans un milieu où le respect est exigé, se respectera, se fera respecter et respectera les autres. Le message reçu est celui-ci “Je dois avoir de la valeur pour qu’on me protège ainsi.” En plus de se sentir protégé et sécurisé l’enfant grandira avec le sentiment d’être important et digne de respect et traitera les autres avec dignité. Un grand facteur de protection contre l’intimidation et un atout majeur pour la réalisation de son potentiel dans sa vie présente et future.